4 pts de suspension

mardi 15 mai 2012

Bouquin

Le théorème de Kropst, Emmanuel Arnaud, 2012

"Laurent Kropst est élève en maths sup au lycée Louis-le-Grand. Il doute qu’il existe un monde en dehors des colles de maths, des devoirs de physique et des blagues vaseuses de ses petits camarades. Au-delà de la dixième place au classement général, il ne connaît plus personne. C'est sa vie, son train-train, son sacerdoce. Jusqu’au jour où il prend une tôle monumentale en mathématiques. Pour lui, c’est la fin du monde : l’opprobre, la descente aux enfers au classement général et, surtout l'exclusion, la relégation dans un lycée de seconde zone à la fin de l’année. Il découvre alors qu’on peut changer son destin avec quelques mots et beaucoup de mauvaise foi. 

Dans la foulée, il rencontre les filles du lycée, des élèves d’hypokhâgne, elles lui font découvrir l’autre moitié du monde. Lui qui ne jurait que par les polynômes de Bernoulli se met à lire Proust et à causer Baudelaire à la cantine. Il se rend compte que s'échiner sur des théorèmes n'est pas la seule façon de parvenir à ses fins; l’ascenseur social emprunte d’autres voies, qui ne sont pas toutes très nettes peut-être, mais qui sont quelques fois bien plus rapides. Quand on n’est pas issu du sérail, on se doit d'être prêt à tout."

kropst

Bien écrit, un thème original, j'ai bien aimé la lecture de ce bouquin, malgré mon amour très très limité des maths, là c'était même pas la peine d'essayer de suivre les démonstrations ;-)

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mercredi 9 mai 2012

Petit état des lieux

On s'croirait en novembre, pas encore sorti les affaires d'été, l'humidité suinte de partout et vous transperce jusqu'au fond des os, on est début mai mais on hésite à rallumer le chauffage (et encore, on l'a éteint hein, après hésitation) j'me demande même si je dois mettre dans les cartons les affaires d'été ou les affaires d'hiver ? D'ailleurs j'ai toujours pas commencé à faire les cartons. J-60 avant le départ, c'est sûr que dit comme ça ça vous file un p'tit coup de flippe, va p'têtre falloir que je m'active un peu. En même temps, j'ai pas mis en cartons mais le Grand Tri est largement commencé, et même en passe d'être terminé (à part la cave, ce n'est qu'un détail, méthode Coué). Ca veut dire que y'a plus qu'à tout mettre en caisse, et ça franchement, c'est pas trop compliqué. Faut juste le faire quoi. Sinon faut juste aussi préparer la chouille de départ, les évènements classiques de fin d'année avec la maison pleine comme un oeuf les we, au milieu des cartons et des matelas par terre. Moi j'vous dis, une promenade de santé cette fin d'année. Et puis après le départ d'ici les adieux les larmes, l'arrivée là-bas, avec le sourire pasque si on fait la tronche niveau intégration sociale ça va coincer, poser les cartons et les meubles dans un coin et remonter les manches pour attaquer les travaux, juste déplacer la cuisine, décoller les papiers peints collés du haut en bas de la maison, sur les murs et sur les plafonds, refaire la salle de bains, percer une porte poser le carrelage arracher la haie dans le jardin péter le carrelage dans la véranda arracher la moquette poncer les parquets poser la toile de verre peindre... Tout refaire quoi. Et puis au milieu de tout ça garder en tête comme ligne d'arrivée ou au moins d'étape la semaine de vacances prévue à six, au fin fond des Pyrénées, pour reprendre souffle.

C'qui faut quand même vous dire, c'est qu'au milieu de tout ça, j'ai quand même un allié de taille, j'ai nommé mon dernier cadeau, qui punaise me fait gagner un temps de folie. Pasqu'avant, entre mon agenda, mes dix carnets avec mes cinquantes listes, mes documents sur l'ordi, les photos sur l'autre, mes trois boites mails à ouvrir avec cinquante mots de passe différents, le téléphone laissé dans la cuisine les dossiers dans le bureau mon sac dans le salon mon carnet dans la chambre je passais mon temps à monter descendre courir oublier remonter oublier de redescendre m'énerver. Alors que là, j'ai tout en un. Ce truc est dément. J'ai parfois même l'impression qu'il étend le linge à ma place, mais là, je crois que je déraille. Bon, faut quand même que je vous dise aussi que depuis que j'ai ce nouvel allié je ne lis que trois pages de mon bouquin par jour (on peut pas tout faire), et que cet article sur la nomophobie et la surconnexion m'a bien interpellé. Je me souviens d'une conversation avec Ma Voisine qui me disait : "Ce truc te permet de t'éclipser de l'instant T, c'est comme une bulle de déconnexion à portée de main, c'est tentant d'y avoir recours à n'importe quel moment". Se connecter au virtuel pour se déconnecter du réel. Ce qui est bien c'est que les enfants savent me rappeler à l'ordre : "Maman, c'est nul, elle nous prête jamais son i-ph%ne. En même temps c'est normal, elle en fait tout l'temps ". Ok ok ok . Un p'tit carton les Bestioles ?

Edit :

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[ Envoyé par Ma Voisine ;-) ]

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vendredi 4 mai 2012

Où il est question de nomophobie, de connexion... et d'excès

"Ces branchés qui débranchent"

[M le magazine du Monde | 27.04.2012. Par Guillemette Faure]

 

       Pas un ordinateur, pas une télé, pas le moindre petit ou grand écran à la Waldorf School of the Peninsula. En revanche, on a trouvé un four à pain dans le jardin, que les petites classes utilisent chaque semaine, des chaussettes faites main - les cours de tricot, pour filles comme pour garçons, commencent en CP -, des tableaux noirs et des craies de couleur. Mais on n'a pas vu les machines à coudre, sur un autre site, celui du collège, avec lesquelles les sixièmes se sont fait des pyjamas.

Cette école privée - environ 20 000 dollars de frais de scolarité annuels - de la Silicon Valley recommande aux parents de limiter l'exposition aux écrans jusqu'à l'équivalent de la sixième et n'introduit l'outil informatique qu'en quatrième. Un comble pour un établissement qui compte dans son voisinage Google, Apple et une pléiade de start-up hyperconnectées. Surtout quand on sait que les trois quarts des parents d'élèves de cette école travaillent dans les nouvelles technologies.

"Les gens se demandent pourquoi des professionnels de la Silicon Valley, dont certains de Google, qui semblent devoir beaucoup à l'industrie informatique, envoient leurs enfants dans une école qui n'utilise pas d'ordinateurs", s'amuse Lisa Babinet, professeur de maths et cofondatrice de l'école primaire - également titulaire d'un doctorat en éducation à l'informatique -, invitée à présenter l'établissement à la conférence annuelle Google Big Tent, grand raout consacré à... Internet.

Installé aux Etats-Unis depuis 1987, Pierre Laurent est l'un de ces parents. Il a choisi cette école et désapprouve la tendance des établissements à équiper en informatique des classes de plus en plus jeunes. "L'ordinateur n'est qu'un outil. Celui qui n'a qu'un marteau pense que tous les problèmes sont des clous,argumente-t-il. Pour apprendre à écrire, il est important de pouvoir effectuer de grands gestes. Les maths, ça passe par la visualisation dans l'espace. L'écran gêne l'enseignement. Il diminue les expériences physiques et émotionnelles."

A la Waldorf School of the Peninsula, on apprend les multiplications en dessinant, en sautant à la corde. Pierre Laurent s'inquiète-t-il du retard que pourraient prendre ses enfants privés d'écran ? "On ne sait pas comment le monde sera dans quinze ans, les outils auront eu le temps de changer de nombreuses fois. Pour avoir travaillé douze ans chez Microsoft, je sais à quel point les logiciels sont étudiés pour être le plus facile d'accès possible." Et les écrans ne sont jamais très loin."Tous les élèves ici ont des ordinateurs chez eux. La question, c'est plutôt de savoir à quel moment on enlève le frein." C'est tout le paradoxe. Alors qu'on s'inquiétait hier de la fracture numérique, qui donnerait aux milieux aisés une avance en termes d'équipement et d'accès aux nouvelles technologies, les précurseurs d'hier sont ceux qui peuvent aujourd'hui s'offrir le luxe de décrocher.

 

       Alors que de plus en plus de personnes souffriraient de "nomophobie", la peur de perdre son portable ou son accès à Internet, qui conduit par exemple à garder un filet de connexion (comme un portable de secours), des pionniers du numérique font le choix inverse. Richard Stallman, le gourou du logiciel libre, explique qu'il travaille désormais déconnecté. "La plupart du temps, écrit-il sur son site, je n'ai pas Internet. Une ou deux fois par jour, parfois trois, je me connecte pour envoyer et recevoir mes courriels. Je relis tout avant d'envoyer." Se déconnecter est devenu un acte volontaire. Aujourd'hui chercheur à la Carnegie Mellon University, Fred Stutzman avait pris l'habitude de travailler dans un café pour pouvoir rédiger sans être interrompu. "Il fallait que je m'échappe de la frénésie d'Internet." Sa méthode a pris l'eau quand un voisin s'est équipé d'un routeur qui a arrosé le café de sa connexion Wi-Fi. Voilà qui l'a conduit à développer Freedom, un logiciel, qui, pour 10 dollars, bloque votre accès à Internet jusqu'à huit heures de suite, et vousoblige à redémarrer votre ordinateur pour le réactiver. Son autre appli, Anti-social, permet d'avoir accès à Internet mais pas à toutes ses joyeuses distractions : Facebook, Twitter... "Les ordinateurs sont devenus des machines à distraction. On s'équipe aujourd'hui de fonctionnalités qui les ramènent à un usage de machine à écrire", note-t-il, amusé. Plusieurs navigateurs ont installé des options de ce type. "C'est une façon de s'acheter du temps. Internet est partout, la seule réponse possible maintenant est individuelle."

"Les gens sentent que ça ne va pas : 90 % de leur temps de travail passe dans les mails, chez eux on envoie des SMS à table", relève Sherry Turkle de l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT). Elle observe dans son livre Alone Together (Seuls ensemble, Basic Books, non traduit) qu'une personne qui regarde ses mails ou ses SMS sur son smartphone peut être aussi contagieuse, en groupe, que quelqu'un qui bâille. "Dans les entretiens que j'ai conduits pour mon livre, beaucoup admettent qu'ils se mentent quand ils disent dormir avec leur portable uniquement pour la fonction alarme... Vous allez voir de plus en plus de marketing promettant de résoudre les problèmes de surconnexion."

C'est déjà le cas. Aux Etats-Unis, un spot très drôle de Windows Phonemontre un chirurgien vérifiant ses courriels sur son téléphone en pleine opération, une mariée qui consulte son portable en entrant dans l'église - non, tout de même pas un président français regardant son BlackBerry alors qu'il est avec le pape..."It's time for a phone to save us from our phones" (Il est temps qu'un téléphone nous sauve de nos téléphones), dit la pub. En Thaïlande, une publicité pour un opérateur téléphonique (DTAC) met en scène des gens dont l'entourage devient invisible quand ils consultent leur téléphone.

 

       "Il y a une aspiration très forte à faire des pauses. Les gens ont l'impression de vivre dans un flux permanent, de ne pas avoir de moment pour recoller les morceaux", note Rémy Oudghiri, qui travaille sur cette tendance chez Ipsos et la voit émerger dans les pays les plus technophiles. "Attention, ce n'est pas encore un phénomène de masse, nuance-t-il. On a repéré cela depuis la fin de l'année 2010. On s'est aperçu, en interrogeant des personnes très technophiles, que beaucoup d'entre elles nous disaient qu'elles avaient l'impression d'être trop connectées. Elles ressentaient cela comme une façon de ne pas vivre au présent, de ne pas être dans la vraie vie, d'être toujours dans le rendez-vous qui va venir."C'est aussi, selon lui, ce qui explique le succès des pèlerinages, des séjours lointains, des retraites. 

"Se déconnecter totalement n'est pas plus une réponse que de décider de prendre une année sabbatique, observe Sherry Turkle du MIT. C'est une expression de frustration. Mais on voit des gens faire des expériences, décider d'un sabbat Internet du vendredi soir au dimanche ou de bannir téléphone et ordinateur de certaines pièces de la maison."L'écrivain Pico Iyer prévoit dans le New York Timesl'émergence de "black hole resorts", comme le Post Ranch Inn à Big Sur en Californie, où l'on paie 2 285 dollars (1 742 euros) la nuit pour une chambre sans télé et où Internet ne passe pas. Une nouvelle idée du luxe, quand les chambres d'hôtes des Gîtes de France ne peuvent encore décrocher cinq épis que si elles sont équipées en télévision à écran plat... Le très élitiste club de golf d'Augusta, en Géorgie (celui qui interdit encore aux femmes d'en être membres), prohibe l'usage du téléphone portable sur ses greens.

 Tout comme Pierre Desproges ironisait il y a vingt ans sur l'ouvrier de droite en costard qui croisait son patron de gauche en jean, avoir son téléphone posé sur la table n'est plus un attribut de pouvoir. S'extraire de l'exposition aux écrans est devenu un marqueur du luxe. "Certains ont le pouvoir de se déconnecter et d'autres ont le devoir de rester branchés, écrit le sociologue Francis Jauréguiberry, qui dirige actuellement une recherche sur le sujet. Les nouveaux pauvres des télécommunications sont ceux qui ne peuvent pas échapper à l'obligation de répondre immédiatement, et qui doivent donc vivre dans l'urgence et dans l'interpellation continue. Les nouveaux riches, au contraire, sont ceux qui ont la possibilité de filtrer et d'instaurer de la distance vis-à-vis de cette interpellation."On l'avait déjà observé dans le domaine de la télévision, où la surconsommation (en nombre de chaînes comme de postes) concerne surtout les milieux populaires. Canal+ avait ramé à son lancement, en 1984, parce qu'elle s'adressait aux foyers les plus aisés : une chaîne payante, ce serait pour les riches. C'est après avoir adapté son marketing au grand public qu'elle décolla.

Aujourd'hui, les foyers sans télévision sont plutôt aisés (51 % sont des CSP+, 19,4% des CSP-) tandis que les foyers qui possèdent plus de deux télés sont surtout des CSP- (43 % sont des CSP- et 30 % des CSP+). L'accès à Internet et le smartphone prennent-ils la même direction ?

"Quand nous nous posons la question, entre profs, de mettre des informations sur Internet, certains craignent l'exclusion de ceux qui n'y ont pas accès. Mais nous avons davantage d'élèves qui ne mangent pas à leur faim que d'élèves qui n'ont pas Internet", raconte une prof de Notre- Dame-Immaculée à Tourcoing. "Nous travaillons dans des zones d'éducation prioritaire, pourtant les gens sont plutôt suréquipés", confirme Serge Hygen d'Eco-Conseil, qui a initié les premiers "dix jours sans écran" dans des établissements de Strasbourg, en 2008. Car aujourd'hui, on éduque à la déconnexion. "Si vous lisez ce message, c'est que vous ne faites pas la journée sans écran." C'est le message qui s'affichait, le 25 novembre dernier, sur le site Web du collège du Moulin-des-Prés. Dans le couloir de cet établissement du 13e arrondissement de Paris sont affichés des dessins de télés et d'ordinateurs qui viennent siphonner les cerveaux. Ce jour-là, les profs ont éteint les ordinateurs et fait l'appel sur papier. "En éteignant les écrans, on voudrait essayer de comprendre de quoi on a exactement besoin", explique Dominique Eve, la directrice. Au collège Notre-Dame-Immaculée de Tourcoing, dans le Nord, une centaine de familles (sur 600) s'étaient engagées à se déconnecter le week-end des 14 et 15 janvier. Certains élèves ont craqué. "Ma mère voulait pas", "On devait le faire en famille mais en fait on a regardé deux films", se justifient-ils. Un collège de Saint-Malo s'est à son tour mis au régime sans écran pendant dix jours.

 "L'idée de fracture numérique a beaucoup évolué, analyse le psychiatre Serge Tisseron, l'un des consultants de la galaxie d'associations et d'entreprises qui vient animer des conférences de sensibilisation dans les écoles. Il y a une quinzaine d'années, on pensait la fracture en terme social, entre les bien et les mal équipés. Aujourd'hui, elle oppose plutôt ceux qui savent ou non les utiliser." Il s'agace d'ailleurs quand on parle de "journée sans écran" : "Il ne s'agit pas d'opposer le "avec écran" au "sans écran" mais de niveau d'apprentissage." Au Mans, les expériences de dix jours ont été rebaptisées "dix jours pour apprivoiser les écrans". Les enfants doivent tenir un cahier de leur consommation d'écran. Pour la même raison, au collège du Moulin-des-Prés, la directrice ne voit pas de contradiction dans le fait de renouveler l'expérience l'an prochain et d'ouvrir une classe d'éducation aux médias. Jérôme Gaillard, directeur de l'école Saint-Martin au Mans (Sarthe), classée en ZEP, coordonne les fameux dix jours dans l'enseignement catholique. Il a aussi mis sur pied un festival de films réalisés avec des téléphones mobiles. "Si on accompagne les élèves pour produire des films et des images, ils arriveront mieux à décoder ce dont ils sont témoins."A Strasbourg, Serge Hygen s'inquiète : "Cette petite porte ouverte semble sympathique à tout le monde mais notre combat est un peu perdu d'avance, il y a tellement d'enjeux financiers... Ce questionnement commence à être médiatisé, les classes moyennes ont les moyens de prendre un peu de recul. Mais les autres ?"

Guillemette Faure

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mardi 1 mai 2012

Bouquin

Electrochocs, Martine de Rabaudy, 2012

« Avec les années cahin-caha, je m'étais habituée aux embardées de cette femme, dépressive permanente et mère intermittente. Jusqu'au jour où elle voulut m'étrangler. Ses nerfs craquèrent. Pas mes cartilages. Se méfiant d'elle-même, elle m'avait fabriquée en dur. J'avais dix ans, je voyais mon enfance chavirer. » Il faudra à la petite fille attendre l'âge adulte pour découvrir que cette tentative de meurtre maquillait une tentative d'amour. Un amour dévoyé par la psychose maniaco-dépressive qui cannibalisait sa mère. Pour comprendre cette maladie soignée dans des cliniques psychiatriques à coup d'électrochocs, l'auteur part à la recherche d'autres parmi ces malheureux élus que furent Virginia Woolf, Louis Althusser, Sylvia Plath, ou encore Winston Churchill. Des compagnons de route qui lui permettront d'apprendre à résister sans se dérober, à accepter sans capituler face à un ennemi qui dévasta son enfance. Jusqu'au bout elle s'acharnera à ramener vers la rive cette mère candidate récidiviste à la noyade. Une écriture tenue sanglée par l'humour fait de ce récit non un traité du désespoir mais un hymne à la vie."

rabaudy

Ce thème de la maladie mentale et de sa place dans les relations familiales, dans le système familial lui-même, et dans la construction de chaque membre de la famille, a quelque chose de fascinant. Ici les choses sont décrites d'une façon très détachée, élaborée déjà, on n'est pas dans les émotions brutes et le chaos intérieur. On sent que l'auteur a pris du recul par rapport à son histoire personnelle, grâce à la psychanalyse, et grâce aussi à la littérature et à un grand appétit culturel. J'ai aimé la façon dont elle parle de la culpabilité, de l'oubli ou au contraire de la mise en parole, du travail sur soi, du poids des relations familiales, de son rapport aussi à l'écriture.

°°°

"Dans cette famille mutique, je m'étais toujours donné l'impression d'être une grenade dégoupillée qui voulait faire sauter les murs du silence. La mort de ma grand -mère, racine vénéneuse de la psychose de ma mère, la captivité de mon père, les suicides dissimulés. Cette quête de vérité m'avait poussé à ce récit. Ecrire sur soi sous-entendait un abus de pouvoir, s'annexer la vie des autres, vivants ou morts. Si l'on retirait des bibliothèques tous les livres qui contiennent des histoires de famille, leurs rayonnages présenteraient un aspect de mâchoires édentées."

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samedi 28 avril 2012

ça, c'est moi

Sauf que c'était pas une voiture, mais un iph#ne ;-)

 

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lundi 16 avril 2012

Bouquin

La Maladie de Sachs, Martin Winckler, 1999

"Dans la salle d'attente du docteur Bruno Sachs, les patients souffrent en silence. Dans le cabinet du docteur Sachs, les plaintes se dévident les douleurs se répandent. Sur des feuilles et des cahiers, Bruno Sachs déverse le trop-plaint de ceux qu'il soigne. Mais qui soigne la maladie de Sachs ?"

la_maladie_de_sachs

J'ai aimé : le fait d'être dans le cabinet de consultation avec le médecin et le patient, et d'entrer dans l'intimité de chacun et dans son histoire de vie / le côté psy de Sachs et sa façon de répondre "Mmmmhh", et de dénouer les choses par la parole, aussi / l'idée de superposer des chapitres avec des textes, réflexions, notes, récits de consultations, d'une façon décousue mais qui donne un côté dynamique au bouquin, façon d'écrire récurrente chez Martin Winckler.

J'ai moins aimé : le ton désabusé et cynique de Sachs quand il parle des médecins et du système médical en général / le côté "superhéros" du médecin, seul bon soignant parmi tous ces mauvais médecins, imbus d'eux-mêmes et inhumains. Disons qu'au bout de plusieurs des bouquins de Winckler ce côté-là ressort d'une manière frappante, et devient lassant. C'est dommage, parce qu'à la base ses idées sont vraiment intéressantes, mais l'idée du "seul contre tous" est vraiment... disproportionnée.

*J'en ai fini pour l'instant avec ma cure de Winckler, pour celles qui en auraient une indigestion ;-)

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vendredi 13 avril 2012

Bouquin

La classe de neige, Emmanuel Carrère, 1995

"Dès le début de cette histoire, une menace plane sur Nicolas. Nous le sentons, nous le savons, tout comme il le sait, au fond de lui-même l'a toujours su. Pendant la classe de neige, ses peurs d'enfant vont tourner au cauchemar. À partir de la disparition d'un gosse du village, Nicolas invente une histoire rocambolesque de trafiquants d'organes qui s'attaquent aux enfants pour leur voler leurs yeux ou un rein. Et l'imagination débridée de Nicolas n'est peut-être pas si éloignée que cela de la réalité: si nous ignorons d'où va surgir le danger, quelle forme il va prendre, qui va en être l'instrument, nous savons que quelque chose est en marche. Quelque chose de terrible, qui ne s'arrêtera pas."

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J'ai bien accroché au départ, cette ambiance de menace sourde, qui enfle, qui s'amplifie, et puis petit à petit au fil des pages j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs, des improbabilités, ça piétinait et que finalement les choses retombaient. 

 

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mercredi 11 avril 2012

Bouquin

La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano, 2010

"Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d'en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l'autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s'éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu'Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible."

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J'ai dû rater quelque chose dans ce bouquin, je n'ai ni accroché avec les personnages, ni ressenti grand chose de positif, c'est sec et froid et pas toujours cohérent, c'est dur et il y a tellement de noir et de souffrance et de paroles non dites et d'émotions étouffées avant d'être élaborées qu'on en ressort surtout avec un grand malaise et des questions sans réponse. En même temps quand j'écris ça je me dis que c'est le genre de bouquin que j'aime d'habitude, avec des personnages complexes et torturés, des émotions bruts et des silences pesants, une insistance sur  les sensations physiques aussi. Ca devait pas être le bon moment. Faudra que je le relise.

 

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lundi 9 avril 2012

Bouquin

Camisoles, Martin Winckler, 2006

"Septembre 2008. Alors que sur le plan national le nouveau gouvernement tient ses promesses et instaure une politique sécuritaire extrême, au niveau local, à Tourmens, des événements étranges se produisent : perplexes, le juge Watteau et son ami le docteur Charly Lhombre cherchent à savoir qui tire les ficelles de ce jeu de dupes. Le prétendu suicide d'un haut fonctionnaire aurait-il un rapport avec cet hôpital psychiatrique transformé en laboratoire secret ? L'État serait-il mêlé à des malversations suspectes. Manipulations, trahisons, abus de pouvoir... Entre enquêtes laborieuses et expérimentations dangereuses, la vérité qui se profile semble bien douteuse..."

camisoles

Un bouquin un peu éclaté au départ, des chapitres qui se superposent san lien, et puis peu à peu les pièces s'assemblent et finalement on passe un moment détendant, même si c'est moins haletant que les thrillers médicaux de Robin Cook dont je suis fan.

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dimanche 8 avril 2012

Bouquin

Les trois médecins, Martin Winckler, 2004

"Qu'est-ce qui fait qu'on devient médecin ? Sept ans d'études, de formation. Et puis ?... Et puis, des rencontres, amicales, ou amoureuses. Des réussites. Des échecs. Des joies, des peines, des chagrins. Des deuils. Des combats, contre les autres, contre des traditions imbéciles, contre la douleur. Ou contre soi-même. A travers le récit des sept années de formation - scientifique, mais aussi humaine - de Bruno Sachs et de ses trois amis, Martin Winckler nous propose sa vision humaniste de la médecine."


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On retrouve les thèmes favoris de Winckler, et sa façon d'entrecouper le récit de textes officiels, d'articles, de réflexions... J'ai moins accroché qu'avec Le choeur des femmes, sans doute parce qu'alors je découvrais l'auteur et sa vision du soin, et puis justement parce qu'on y parlait des femmes.


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